François Royet, réalisateur

Il en repartira le 25 novembre avec trente-neuf toiles. A son arrivée, sa première impression se résume en ces mots : « Je suis triste, c’est sinistre » mais après quelque temps, la diversité des couleurs et des formes de la côte sauvage, les tons toujours changeants de la “gueuse” et les silhouettes torturées des rochers de gneiss et de schiste finissent par le séduire. « Je sens que chaque jour je la comprends mieux, la “gueuse”, ce nom lui va bien ici, car elle est terrible, elle vous a de ces tons d’un vert glauque et des aspects absolument terribles ; bref, j’en suis fou » . Très vite il met en train une douzaine de toiles dont il compte faire sa moisson définitive mais bientôt il en commence d’autres sous de nouvelles lumières. Pour y travailler, il lui faut retrouver des lumières semblables. Il emporte donc plusieurs toiles à chaque séance et travaille ainsi en permanence sur tout un ensemble qu’il retouche, complète, améliore. Les changements de temps, l’irruption de la tempête et aussi l’attachement de plus en plus passionné de l’artiste à ses sujets et à la réussite de ses peintures font que la campagne de travail initialement prévue pour quinze jours va se prolonger de plus d’un mois. Dans la dernière partie de cette campagne, passionné par les effets picturaux de la tempête, Monet ira jusqu’à peindre sous le vent et la pluie pour obtenir certains effets produits par une mer en furie. Un observateur dira : « Les rafales lui arrachent parfois sa palette et ses brosses des mains, son chevalet est amarré avec des cordes et des pierres. Qu’importe, le peintre tient bon, et va à l’étude comme à une bataille … » . Les trente-neuf sujets bellilois sont aujourd’hui exposés aux quatre coins du monde, trace indélébile de la passion d’un homme pour la lumière. HUILE TOILE SUR L’aventure picturale de Claude Monet à Belle-Île-en-Mer Le 12 Septembre 1886, Claude Monet débarque à Belle-Île-en-Mer. Un court métrage dont le but avoué est de montrer un peintre prêt à tout pour s’exprimer. De magnifiques images de Belle-Île-en-Mer où l’on voit un Monet bravant la pluie et le vent, parfois au péril de sa vie. La bande-son en Dol- by-Stéréo renforce l’impression de solitude de l’homme face au déchaînement des éléments : pas de dialogues, juste le souf- fle du vent et le grondement de l’océan. Un film qui fait aimer la peinture. LE ZIG , G. Chagrot, mars 1995 (…) LA PRESSE

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