François Royet, réalisateur
CAPTATION 01 CE CHOU SI BEAU François Royet filme un peintre au travail sans questions, à distance respectueuse : c’est ce pari d’effacement qui jette le spectateur au cœur du processus de création. Il présente les trois jours de travail de Charles Belle en un triptyque, une sorte de cimaise : au centre, l’artiste en mouvement, sur les côtés l’œuvre qui croît et embellit, se reprend et se peaufine pour que se trouve enfin cette « couleur qui n’existe pas », comme dit le peintre en examinant son joli chou ramené du jardin. Cette écoute vigilante n’est pas sans rappeler l’attention flottante du psychanalyste. Car le peintre ne se contente pas de coucher de grands aplats ; il se livre à lui-même quelques réflexions que nous surprenons pendant que nous essayons de comprendre son projet. Et plus nous le comprenons, plus nous saisissons ses techniques, plus grande nous apparaît pourtant l’énigme de l’acte artistique. Nous suivons au plus près la genèse d’un grand et beau tableau, mais le cœur de l’entreprise toujours se dérobe à nos esprits trop cartésiens. Quelque chose nous échappe, et le film engendre un effet de ravissement. Un peu comme regarder le cœur du chou, le cœur des fleurs et de tous les sujets qu’il peint, reste, pour Charles Belle, un saisissement toujours renouvelé dont il dit seulement : « C’est érotique. » François Royet a filmé l’art dans le détail de sa mise en œuvre : paradoxalement, il en a magnifié le mystère. Pierre Izibert Vous pouvez retrouver Charles Belle et sa peinture sur le site : www.charlesbelle.com Un livre retrace la carrière artistique du peintre, «Charles Belle» (Editions Art Price, 2005) LOIN DES DOCUMENTAIRES PESAMMENT EXPLICATIFS AUXQUELS NOUS SOMMES HABITUÉS, 29
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